Obtenir les données dont nous avons besoin pour améliorer la santé reproductive des adolescents et des jeunes au Sénégal

De 2017 à 2018, le projet Evidence to Action (E2A) a travaillé en collaboration avec le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action Sociale et le Global Research Action Group, avec le soutien de l’USAID Sénégal, pour réaliser une étude visant à analyser les forces et les faiblesses des soins de santé reproductive existants pour les adolescents et les jeunes. L’étude a révélé les facteurs qui affectent la qualité des soins adaptés aux jeunes, a évalué les facteurs qui influencent l’adoption et l’utilisation de ces soins par les jeunes, et a permis aux partenaires gouvernementaux d’étudier les caractéristiques des modèles existantes de santé reproductive pour les adolescents et les jeunes pour un éventuel passage à l’échelle. Ci-dessous, l’un de nos principaux partenaires gouvernementaux de la région de Sédhiou – le médecin en chef, Dr Amadou Yéri Camara –nous fait part de son point de vue personnel sur les résultats de l’étude et les prochaines étapes.

On peut changer radicalement une société en investissant très tôt dans les jeunes.

Cette conviction inspire une grande partie de mon travail en tant que médecin-chef de la région de Sédhiou. De plus, vous pouvez constater cet engagement en faveur des jeunes dans tout le pays ; le ministère sénégalais de la Santé et de l’Action sociale donne la priorité à la santé reproductive des adolescents et des jeunes dans nos politiques pour de bonnes raisons.

Au Sénégal, plus de 60 % de la population a moins de 25 ans. Cela représente plus de 9,5 millions de jeunes. Je vois en eux un potentiel pour de grands progrès.

Les jeunes sont plus réceptifs au changement. Quand vous formez un adulte, le bénéfice est très limité dans le temps. Mais lorsque vous formez un jeune et que vous partagez avec lui vos connaissances, c’est toute une génération qui peut en bénéficier.

close-up of contraceptives

Si nous voulons faire des progrès significatifs dans le domaine de la santé – y compris une réduction de la forte prévalence des grossesses non désirées chez les jeunes que nous constatons à Sédhiou – nous devons agir rapidement en investissant sur les jeunes et en les préparant à une vie reproductive plus sûre.

Pour atteindre cet objectif, les décideurs régionaux, comme moi, ont besoin de preuves sur lesquelles fonder nos plans. Pour mettre en œuvre efficacement la composante prestation de services prévue dans le plan stratégique national de la santé reproductive des adolescents et jeunes du Sénégal (2014-2018), nous avions eu besoin d’avoir une idée précise de la réalité à laquelle les jeunes sont confrontés. Grâce à la collaboration avec E2A et Pathfinder International, nous avons obtenu des informations que nous pouvons utiliser.

MES ESPOIRS POUR L’ÉTUDE

Lorsque j’ai pris connaissance de cette étude, ce qui m’intéressait le plus était la possibilité d’obtenir des informations actualisées sur (A) les connaissances des jeunes sur la SRAJ mais également (B) les perceptions des familles sur la SRAJ. Je m’attendais également à voir où se situe Sédhiou par rapport au reste du pays.

UN RÉSULTAT NOTABLE

Vous pouvez voir ici une panoplie de résultats de l’étude sur la région de Sédhiou. L’un des plus surprenants est que l’âge moyen au premier rapport sexuel est faible en milieu rural dans notre région.

Je me suis demandé : « Comment pouvons-nous retarder l’âge du premier rapport sexuel pour les jeunes, tant en milieu rural qu’en milieu urbain ? Et je n’étais pas le seul à me préoccuper des besoins des très jeunes adolescents. »

SIX REGISIX RÉGIONS DISCUTENT LEURS RÉSULTATS

Le 22 Octobre 2019, je me suis rendu à Dakar pour participer à un atelier organisé par E2A avec les acteurs de six régions du Sénégal. Aux côtés des collègues de Koalack, Kedougou, Kolda, Matam et Saint-Louis, j’ai reçu, examiné et comparé les résultats de l’étude.

Ensemble, nous avons discuté de la nécessité de commencer plus tôt les interventions auprès des adolescents et des jeunes. Nous avons noté de très faibles niveaux de connaissances sur la SRAJ chez les très jeunes adolescents âgés de 10 à 14 ans. Nous avons également constaté un réel manque de connaissances sur le cycle menstruel chez les adolescentes.

Nous avons ensuite utilisé l’outil “Sortir des sentiers battus” de E2A pour envisager une meilleure adaptation de nos interventions aux besoins spécifiques de nos régions.

Cover of TOSS tool French version
Nous avons discuté de la manière dont ceux d’entre nous qui ciblent les jeunes du milieu scolaire pourraient envisager de faire des consultations médicales l’après-midi et le week-end.

En fin de compte, cet outil nous a aidés à réfléchir à la véritable diversité des adolescents et des jeunes. Il y a autant de types de jeunes qu’il y a de villes et de cultures. Nous disposons désormais de nouvelles données et de stratégies pour les atteindre plus efficacement.

REGARDER VERS L’AVENIR

Comme ceux d’entre nous qui vivent dans la région de Sédhiou s’attèlent à répondre aux besoins identifiés par cette étude – notamment l’âge des premiers rapports sexuels et l’accès limité aux services de SRAJ dans les postes de santé -, j’aimerais vous laisser sur une dernière réflexion :

Bien que le Sénégal ait accumulé des informations importantes sur les besoins en matière de santé reproductive des adolescents et jeunes dans le passé, cette étude de E2A nous a permis d’obtenir des données représentatives sur nos régions spécifiques. Veuillez-vous joindre à moi pour demander des études de ce type et des plans d’actions précis pour l’utilisation des données générées pour nos prises de décision. Les preuves sont essentielles pour obtenir les résultats dont nous avons besoin pour les jeunes que nous servons.

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